Quand j’ai entendu à la radio que des lasagnes surgelées pur bœuf, s’avèrent être « pur cheval » made in Roumanie, transformées au Luxembourg et préparées au pays basque, je suis allé en acheter immédiatement pour les goûter et me faire ma propre opinion. Je les ai mises à décongeler au micro-ondes, les ai dégustées et ça ne m’a rien fait du tout. HIHIHIHI. Pour faire passer le tout, je me suis désaltéré avec un verre de vin, du pur Côte du Rhône, issu de la fermentation de raisin hongrois dans des cuves Danoises récemment réformées pour la bière, compte tenu de leur état d’oxydation que l’on sent à peine grâce à la judicieuse adjonction de copeaux de chêne de synthèse qui parviennent à masquer le goût des sulfites. A peine fini mon verre que le cheval ingéré remontait rapidement dans mon œsophage, je me suis précipité dans les toilettes, au galop, pour rendre dans la cuvette puisque je n’avais pas de bidet. Ensuite je me suis rincé dans le lavabo en m’ébrouant. BROUHOUHOUH. Un grand verre d’eau du robinet aux nitrates AOC et tout est revenu en ordre. HIHIHIHI. Là je suis retourné dans la cuisine et je me suis aperçu que le chat avait fini l’assiette de lasagnes au chevache. Plus une miette. Plus une seule lasagnes au bourrin. Que n’hennie HIIHHIHI. En attendant, le chat faisait preuve d’une énergie inhabituelle. Pas étonnant, il avait mangé du cheval ! lui aussi ».

          Là, je me suis juré que l’on ne m’y reprendrait plus, d’autant que le surgelé c’est pas mon dada et ce n’est pas très bon pour la ligne. Si au moins ils avaient mis du cheval sans selle!

          Pour faire passer la préparation italienne à la viande équine de Bucarest, je suis allé chercher une Danette dans le frigo. Une bonne gélatine, pur produit de retraitement des résidus d’équarrissage combiné au chocolat de synthèse d’une jolie couleur brune rehaussée par quelques délicieux colorants E125, E105 et E153 toujours actifs grâce aux conservateurs E210 et E316. Je me suis régalé.

          Demain, je le promets, je me mets au poisson. Fini la viande de bœuf pur sang, le steak de zèbre, avec les rayures pour te faire croire que c’est une viande passée au grill. Non demain je me ferai un  bon saumon d’élevage, engraissé à la farine animale dans des bassins où il y a moins d’eau que de poissons mutants. Ou alors, un poisson en forme d’éponge, frit dans l’huile de palme et délicatement recouvert d’une panure composée pour partie d’excédents de scierie.

          De toute façon, si je n’aime pas, je pourrai le refiler au chat, bien qu’il commence à rechigner et qu’il m’ait confié l’autre jour : « Si tu crois que je vais succomber à cette fièvre consumériste, tu te mets le doigt dans l’œil ». Il faut dire qu’il félin… tellectuel par moment. Sur ce, il a repris des croquettes "Wishcrasse pur boeuf" et c’est là que je me suis dit qu’on était pas sorti de l’auberge.