Des bruits caractéristiques sensés imiter des poules, ont perturbé l'intervention de Veronique Massonneau députée d'EELV à l'assemblée nationale mercredi dernier. Après enquête, les caquètements entendus ne provenaient pas... du perchoir, mais des bancs de L'UMP. 
     Il faut dire que le troupeau de députés qui jacassaient irrespectueusement s'était abreuvé plus longtemps que de raison au bar de l'assemblée. Eh ! oui, braves gens, à l'assemblée les représentants d'une droite misogyne caquettent plutôt que de voler dans les plumes d'une droite encore plus extrême qui menace la démocratie de notre pays. Ils préfèrent réserver leurs prises de becs à ceux qui essaient sérieusement de débattre en séance de nuit sur le projet de retraite (loin de leurs préoccupations), pendant qu'ils cuvent. Il est notoire que les excès de buvettes soient fréquents à l'assemblée - encore plus, semble t-il, au parlement où l'on ne sert pas que du lait de poule- et ce genre de comportement  qui ne redore pas les blasons de ces hauts lieux de la représentation nationale, ne nous engage pas à pousser le cocorico.
     Pendant ce temps là, des juges, à Bordeaux, étaient en train de pondre un jugement étonnant dans l'affaire Bettencourt en prononçant un non lieu en faveur de l'ancien chef de l'état tout en faisant porter le jabot, pardon le chapeau, à son fidèle lieutenant, Eric Woerth. Drôle de verdict qui évite à Nicolas de se retrouver devant la cour pas plus haute que basse d'ailleurs.
     La porte donnant sur le retour en politique de notre ancien président s’entrouvre donc puisqu'il y a fort à parier que les deux autres affaires où il est encore mis en cause s'étiolent de la même façon, tant, tout ce qui le touche, paraît si volatile...comme on dit dans le poulailler.
A peine était-il sorti des griffes du juge Jean Michel Gentil et de la juge Valérie Noel (dont l'histoire ne dit pas si elle est gironde bien que bordelaise), que Sarko recevait de ses amis UMP les plus sincères soutiens. (Même si en matière politique comme en matière fécale on connaît la signification de l'adjectif sincère!)
     La plus fidèle fan de Sarko, la désormais célèbre Nadine, dont l'aveuglement ne permet pas de douter de la sincérité, piaillait à qui voulait l'entendre ou plutôt à qui voulait l'écouter, (puisque sa gouaille et ses éclats de voix constituent, pour Audica, une concurrence déloyale ), que de toute façon il était certain que cette affaire se terminerait ainsi.  Bien entendu (c'est le cas de le dire) elle sous-entendait que l'innocence de son coq favori, avait été logiquement rétablie. Merci Nadine, on avait compris, nous aussi, que cette affaire se terminerait ainsi, mais permettez-nous de vous dire, que pour expliquer les raisons de cette inéluctable issue, nos analyses ne trouvent pas de conjonction.  
     Les médias commenterait encore l'affaire si l'élection de Brignoles n'avait pas pris le relais, ce week-end, dans les exigences de l'actualité.
Brignoles vous savez où ça se trouve vous, Brignoles. C'est dans le Var, 16000 habitants seulement et parce que 5031 Brignolais ont élu un représentant du Front National, lors d'une cantonale partielle, la presse s'empare de l’événement providentiel pour exploiter comme il faut là nouvelle poule aux œufs d'or. Loin de moi le déni du péril que représente la montée d'un fascisme déguisé mais remettons quand même les choses à leur place. Une cantonale est une cantonale, une bourgade est une bourgade, une élection est une élection. Dans cette affaire, en donnant un retentissement plus détonnant que de raison à cette résultante piteuse du jeu politique, en publiant un nombre incalculable de sondages aux questions insidieuses, en diffusant des reportages stigmatisants, les médias participent amplement à la propagation de cette imposture pseudo démocratique.
 
En résumé, pour en revenir à mes propos du début, pendant que certains caquettent à l'assemblée, bon nombre de leurs administrés, sur la paille, sont pris pour des dindons, et si, de surcroît, ils  regardent TF1, ou écoutent RMC, ils risquent d'autant moins de voir ce qui couve.