Non, cette semaine je ne vous parlerai pas de l'affrontement entre notre Caïn Coppé et notre Abel Fillon, nous en avons suffisamment parlé précédemment. Je vais donc plutôt commenter cette information extrêmement importante, relayée la semaine dernière par les plus sérieuses parutions en ces termes, je cite: "la société japonaise Seiren, vient de commercialiser un slip révolutionnaire qui absorbe les odeurs". J'ai immédiatement noté l'extreme liberté prise avec l'adjectif "révolutionnaire ", qui, en d'autres temps moins sujets au galvaudage, était plutôt réservé au bonnet phrygien plutôt qu'au slip, d'autant que lesdits révolutionnaires étaient, rappelons-le, des sans-culottes.

          Bref, quand j'ai appris que cette société, qui avait eu l'idée d'insérer des particules de céramiques dans le tissu pour absorber les odeurs mettait le slip sur le marché, j'en ai immédiatement commandé une caisse...pour Noël, même si le slip, convenons en, est plutôt le cadeau idéal pour la fête des paires. Inutile de dire que l'annonce de la découverte de ce slip anti-pet, ou para-pet si vous préférez, a aussitôt eu un certain succès. Gageons que les nippons trouveront rapidement un système de récupération des gaz destiné, après leur transformation en énergie, à recharger l'Ipad. La seule limite de ce slip d'avant garde (même si, en l'occurrence, il s'agit ici de garder l'arrière de préférence), la seule limite donc, est qu'il sera interdit de fumer en l'enlevant le soir, pour éviter les explosions.

           Je suppose aussi, que d'autres sociétés apprenant la nouvelle, sont déjà en train d'étudier une fibre anti-bruit ce qui serait une découverte inédite dans les an(n)ales. Quoi qu'il en soit, le slip en question a énormément de succès au pays du soleil levant où ses concepteurs espéraient le vendre aux hospices et hôpitaux, mais s'aperçoivent que de nombreux hommes d'affaires en commandent, sans doute après avoir constaté les limites du fameux adage "l'argent n'a pas d'odeur". Ces hommes d'affaires auront donc désormais tout le loisir de péter dans la céramique plutôt que dans la soie.

          Quoiqu'il en soit, cette découverte retentissante devrait dégager un maximum de crédit pour ses inventeurs qui ont dissimulé l'existence de cette trouvaille pendant toutes les étapes de sa conception, afin qu'aucune fuite n'alerte la concurrence.Le gouvernement a immédiatement saisi l'intérêt revêtu par cette invention qui pourrait conduire à supprimer l'effet de serre...les fesses. Selon les bruits qui courent, un crédit d'impôt est d'ailleurs à l'étude pour tout achat de slip anti-odeur, mais rien ne s'est encore échappé du ministère de l'environnement. Seules certaines personnes bien placées ont eu vent de la mesure envisagée et sont donc au parfum. Les autres, en aucun cas le sont.

          Mais vous le savez, en matière politique, les événement récent à l'UM Pet le confirment, les déclarations sont à prendre avec un certain recul et méritent une analyse postérieure, afin de vérifier qu’elles ne soient pas sans fondement, d’autant que les politiciens ont vite fait de retourner leurs vesses. Et comme je l’ai déjà dit, mais il n'empêche que je vais le répéter, dans le domaine politique, semble t-il, il est préférable de se méfier de la pétulance du flatteur, plutôt que de la flatulence du péteur. Ce qui constitue, vous l’aurez noté, un très joli contrepet.

 J'illustrerai ces circonvolutions humoristiques autour d'une réelle invention, par un petit texte issu de mon recueil "l'humour est enfant de poème" qui s'intitule " Ce qu'il faut taire".

 

CE QU'IL FAUT TAIRE

 

Vous pouvez encenser par vos vers les vesses

Subtilement du pet faire l'apologie 

Et mettre votre verve au service des fesses

En rendant le plus bel hommage à son produit.

 

Vous pouvez faire aussi des envolées lyriques,

Louer la flatulence avec art et grandeur 

Sur leurs méfaits bâtir une oeuvre pathétique 

Rire des alibis qu'invoquent leurs auteurs.

 

Mais, sachez le, jamais les fleurs de rhétorique

Ne sauront exhaler une putride odeur

Incompatible avec la forme allégorique

Qui sied pourtant si bien aux sons ou aux couleurs.

 

La musique intérieure, la symphonie intime,

Peut-être ainsi flattée très poétiquement,

Mais la lyre, à l’odeur, n’accorde pas de rime, 

Le poète est celui qui ne dit mot …qu’on sent.