C'est en Juillet, juste avant ses vacances au cap nègre où il fait habituellement du vélo devant les caméras (à chacun son dopage), que notre président perdit les pédales et annonça sans réfléchir que les français devaient s'attendre à un remaniement à l'automne. On allait voir ce que l’on allait voir, et tout le monde attendait cette rupture, ce changement de braquet, ce nouveau cycle, les journalistes qui en connaissent un rayon s’impatientaient, la vie était entre parenthèses, je n’avais plus moi-même le goût de ramasser les feuilles, j’étais suspendu à l’imminence de l’annonce qui allait tout changer, à l’espoir que l'on faisait miroiter. Mais sans ménagement pour notre impatience grandissante le président nous fit poireauter jusqu’à ce dimanche 14 novembre et ce fut au retour d'un G20 qui tombait à pic pour essayer son tout nouveau joujou à 380 millions d'euros, qu’il en fit l'annonce, à l'heure de la messe, comme pour embêter Christine Boutin en pleine onction dominicale.
      La nouvelle fut fracassante, étonnante, sensationnelle. Oui mesdames et messieurs, le premier ministre nouveau est arrivé , enfin! Mais plus fort encore, il a la même saveur, la même couleur très sombre, pas trop brillant, pas très étoffé, avec un curieux arrière goût de déjà goûté et tant pis si c’est Borloo qui a dû trinquer après avoir été chambré.
     Et voilà, tout va bien dans le meilleur du beau monde et il n'y a guère que vous, le peuple, qui pensez que nous filions du mauvais coton.
Voilà, le casting est terminé, la messe est dite, le grenelle des cocus a pris fin en ce dimanche pluvieux, au lendemain de la journée de la gentillesse qui fut pour certains celle de la vacherie. Et la vacherie à la Sarko, il y a rien de pis.
  Reconnaissons, que Borloo qui n'arrête pas de gratter méritait mieux et que désormais c'est le poste de président qui va le démanger. Il a eu beau se faire faire un brushing de circonstance, il s’est fait coiffer au poteau par le tandem Sarko-fillon qui étaient de mèche et après cette douche froide, il est bon pour recommencer.
Le soir même, la composition du nouveau gouvernement était donc donnée, à vingt heures quinze pétantes, afin qu'un maximum de français n'en manque pas une miette, tant pis pour ceux qui ne mangent pas de ce pain-là. Et cette annonce me fit l'effet d'une remise des césars, même si quelques-uns pensaient qu'on ne leur rendait pas ce qui semblait leur appartenir.

Donc, pour le poste de premier ministre ont été nominés:
- Jean-Louis Borloo pour : "La grande illusion"
- Michèle Aliot-Marie pour son rôle dans: "La chèvre"
- Brice Hortefeux pour sa participation dans : "Garde à vue"
- Et François Fillion pour : "Le cave se rebiffe"
Le vainqueur pour la seconde fois consécutive est François Fillion, rappelons qu’il avait précédemment était récompensé dans "Bonjour tristesse".
Notons qu'un prix spécial a été décerné à Nicolas Sarkozy pour l'ensemble de son Oeuvre et ses nombreuses participations remarquées dans "Danse avec les loups" "Les diaboliques" et "Massacre à la tronçonneuse." .
Aucun césar n'a, pour l'instant, été attribué à son fils Jean, malgré sa performance dans "Frankenstein junior".

Concernant le meilleur son…de cloche, ont été nominés:
- Frédérique Lefevre pour: "Je règle mon pas sur celui de mon père"
- Eric Woerth pour "les enfants du paradis…fiscal" et « prend l’oseille et tire-toi »
- François Bayrou pour " je suis timide mais j’me soigne"
- Bernard Couchner pour "Vol au dessous d'un nid de cocus".
Et le lauréat est: Frédérique Lefevre que l’on avait déjà pu admirer dans "Lassie chien fidèle"

Prix d'interprétation féminine, ont été nominées:
- Rama yade pour "Good bye Bafana".
- Fadela Amara pour "Elle court, elle court, ma banlieue".
Mais c'est Nadine Morano qui a été récompensée pour "Les hommes préfèrent les blondes".
Notons également que Luc Chatel, Laurent Wauquiez, Pierre Lellouche et Thierry Mariani ont été distingués pour leurs interprétations magnifiques dans "les hommes du président" et Alain Juppé pour « Usual suspect ».
Enfin, Le césar du meilleur effet spécial
a été décerné à Eric Besson pour "Le retour au pays"

     En résumé, on s'attendait à une annonce du genre blanc bonnet et bonnet blanc, mais Sarko a réussi à faire encore mieux, blanc bonnet et blanc bonnet. Alors là, chapeau ! Il a ainsi rendu hommage à Fillon, ce sombre héros.
     En conclusion, ce non-événement a fait vendre tant de papier journal et conduit, par conséquent, à couper tant d'arbres, a fait couler tant d'encre et ainsi entraîné le rejet de tant de reliquats chimiques, a monopolisé tant l'antenne et les ondes et par là même fait consommer tant d'électricité, a suscité tant de commentaires qui ont produit tant de Co2, qu’on peut conclure qu’il a eu de fâcheuses conséquences non seulement pour la France, mais aussi pour la planète.
     Ce sera tout pour cette semaine, le reste de l’actualité ayant été occulté par ce remaniement qui pour certains fut un « coup de torchon » mais qui prouve, pour ceux qui continuent à profiter des lambris et des nombreux avantages de la fonction ministérielle, que pour eux « La vie est un long fleuve tranquille ».
      Et je terminerai en citant Christine La gourde qui a dit « Ce remaniement est une révolution, un virage à 360° » faut-il lui rappeler que 360°, ce n’est pas un virage mais un rond point ou un tête à queue complet. Mais attention, quand on est ministre des finances on finit tôt ou tard par parler d’inflation et quand on parle d’inflation on peu faire un lapsus qui conduit à évoquer le tête à queue.

(c'était ma rubrique de mercredi 17/11 sur studio ZEf  91.10 )
Rediffusion  jeudi 18/11 vers 21h25
tous les mercredi vers 18h55 et le jeudi vers 21h25