Chaque semaine il m'est réservé une rubrique dans le cadre de l'émission "Au bazar du Zef" sur la radio "Studio Zef 91.10". Prochaine rubrique, Mercredi 29 septembre vers 17h50. Chaque semaine je posterai ici mes interventions pour ceux qui ne peuvent pas les écouter en live.

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C’est la reprise, les vacances sont terminées, mais j’ai encore des traces blanches laissées par les tongs sur le dessus de mes pieds bronzés, des traces qui forment un V (comme vacances) et qui s’estompent avec les souvenirs de plage, de soleil, de farniente. Malheureusement il n’y a qu’un seul mois d’août et onze mois durs et on ne se baladera plus pieds nus avant longtemps ! Et oui, même pour les chaussettes… c’est la reprise ! 

Il faut dire que pour battre le pavé à l’occasion des manifs mieux vaut en avoir des chaussettes et de bonnes. Eh, oui ! Nous étions des millions à manifester dès la rentrée pour que le gouvernement batte en retraite. Des millions pour les syndicats et des centaines de milles pour les renseignements pas très généreux. Je me suis demandé d’où pouvait provenir une si grande différence de comptage. En fait, c’est tout simple. J’ai longuement observé un des gars de la préfecture, planqué derrière une fausse plante grasse, en train de compter les manifestants. 

-   " 841, 842, 843 " à ce moment là un collègue lui propose une bière 

-  "Tiens, v'la une 33"

-  Et l'autre reprend son comptage "34, 35, 36"


 Un peu plus loin, il y avait un syndicaliste qui faisait la même chose.


     - 

" 841, 842, 843 " à ce moment là un camarade lui propose une bière.

 


     - " Tiens, v'la une 1664"


     - Et le camarade reprend son comptage "1665, 1666, 1667 "

 

Eh oui, les amis, c’est la boisson qui explique une telle différence !

Cela dit, quelle que soit la méthode de comptage, nous étions très nombreux à manifester le 7 septembre et pourtant, Eric Woerth, l’homme qui s’est pris les pieds dans les affaires de sa femme et les siennes, avait pourtant dit aux français «  Vous pouvez me croire, ma réforme est bonne ». Oui mais désormais, quand Eric Woerth commence une phrase par :« Vous pouvez me croire » plus personne n’écoute la suite. Pensez-donc, il a commencé par dire « Je n’ai rien à voir dans l’embauche de ma femme, chez mamie Liliane » et puis  « Ce n’est pas moi qui suis intervenu pour l’attribution de la légion d’honneur à son patron» et puis  « D’abord, je le connais à peine » et puis « Je n’ai pas favorisé l’allègement fiscal de mamie Lili ». Bientôt il va nous dire « Ma femme je n’ai jamais couché avec » ! Jusqu’au jour ou le Canard publiera un extrait de naissance de leur enfant. Et là il dira : « Je ne m’en souvenais plus ». 

Et oui, à lui tout seul ou presque il a alimenté le feuilleton de l’été. Mais comment faire la part des choses dans ce Bannier de crabe ? Tous les deux jours une nouvelle affaire surgissait, aussitôt démentie mais bientôt confirmée. De sorte que dans la majorité certains trouvaient ces histoires un peu bêtes et se demandaient « pourvu qu’il n’y ait pas une affaire encore plus bête en cours » ! Et le lendemain, c’était le cas, l’ex-ministre du budget, par ailleurs comptable de l’UMP s’empêtrait de plus belle. Alors pour éteindre l’incendie de l’été tous les ténors de la majorité, ont donné de la voix, multipliant les couacs et les canards, en interprétant un requiem pour un comp…table, plein de fausses notes…de frais. Tout le monde poussait son petit refrain, le premier ministre chantait « Fions nous à ce qu’il dit », tandis que le président, de son château, montait au créneau pour renouveler sa confiance à son ministre dans la tourmente. Seuls, quelques membres de la majorité restaient quasi muets dans ce concert et y allaient mollo, très mollo même …dans la voie de l’absolution. 

Alors, pour éteindre cet incendie, l’idée idiote d’un écran de fumée a germé en haut lieu. Et notre président s’en est alors pris, depuis Grenoble, aux gens du voyage, si bien que certains vacanciers ont cru qu’on s’adressait à eux et ont écourté leur séjour en montagne. Pourtant les Roms étaient l’unique objet de ses ressentiments. Si bien que l’on pensait entendre, de manière à peine subliminale, les imprécations de Nicolas sous la plume de Corneille.

Que le courroux du Ciel allumé par mes vœux
Fasse pleuvoir sur eux un déluge de feux !
Puissé-je de mes vœux y voir tomber la foudre,
Voir leur roulottes en cendre, leur caravane en poudre,
Voir jusqu’au dernier Rom à son dernier soupir,
Moi seul en être cause et mourir de plaisir ! 

Mais quelle mouche avait donc piqué notre président pour qu’il vole ainsi dans les plumes aux voleurs de poule prétendus en provoquant ainsi l’indignation de l’Europe entière, même d’Obama et du pape qui tout benoît et de sa mauvaise oreille s’offusquait qu’on s’en prenne à Rome. Fidel Castro en personne se manifestait. Il faut dire qu’il s’y connaît en RHUM, de Cuba. Les maisons de disques se demandaient même si elles allaient devoir supprimer les Gippsy King de leur catalogue et détruire leurs CD rom...

Devant une telle levée de boucliers, le ministre de l’intérieur jurait alors qu’il n’y avait rien de ségrégationniste dans les mesures prises, jusqu’à ce qu’une circulaire signée de sa main et prouvant le contraire, soit publiée. Puis, le ministre de l’immigration affirmait qu’il n’était pas au courant de l’existence de cette circulaire, avant d’être également confondu par les vilains journalistes.


Alors, de guerre afghane lassés, les barbouzes ont été appelés à la rescousse, bien loin de leur mission originelle, pour trouver, quitte à bafouer les règles légales de protection des sources journalistiques, celle par qui les indiscrétions avaient filtrées. Ils ont fini par la trouver et ont envoyé cette source se la couler douce en Guyane, pas très loin du bagne. Quand je dis les barbouzes ont été appelés, en fait ils se sont appelés tout seuls. Puisque de source officielle, cette fois-ci, ce n’est pas L’Elysée, ce n’est pas Matignon, ce n’est pas le ministère de l’intérieur qui a ordonné cette enquête à La DCRI. On le jure. En fait, les « services secrets » s’avèrent tellement secrets qu’ils ne savent plus au service de qui… ils rendent des secrets services ! Avouez quand même, que des espions sans des ordres… ça fait désordres ! Mais rien est trop beau pour sauver le soldat Eric, pour éviter de faire perdre la face à celui qui passait de la pommade à la reine des crèmes anti-rides. Mais comme on le dit dans la publicité de Loréal, « c’est parce qu’il le vaut bien ».

Bref, pendant l’été, et quelque chose me dit que ce n’est pas fini, nous avons assisté à l’éloge du mensonge. Mais sachez, Messieurs les ministres, que ce serait un mensonge de dire que nous croyons les votres et comme le disait Démosthène en son temps : « Il n'est pas possible, non, il n'est pas possible de constituer par l'injustice, par le parjure, par le mensonge, une puissance qui dure. ». Puisse-t-il avoir raison !