On l’a échappé belle ! La taxe pique-nique a été retirée. Cette taxe qui n’était pas sensée toucher les riches (qui vont au restaurant) portait d’ailleurs cette injustice dans les deux mots qui la composent. « Pique » du verbe piquer et « nique » du verbe niquer, je vous laisse apprécier sans plus de commentaire la portée de la paronomase.

                    Les assiettes en carton et autres gobelets en plastique, si pratiques puisqu’ils fournissent le prétexte de toujours devoir les remplir pour éviter qu’un coup de vent ne les renverse, ont donc failli être taxés au même titre que ce qu’ils contiennent, avant que le président tranche (de pâté). Il faut dire, que compte tenu du temps qu’il fait, la taxe en question n’aurait pas rapporté gros en ce moment, et le gouvernement préfère remettre le couvert pour l’été prochain. Cette volte face, vaut à Jean-Louis Borloo, son inventeur, d’être à couteaux tirés avec le premier ministre, lui-même pas trop dans son assiette ces temps-ci. Mais on ne perd gagne rien pour attendre, rassurez-vous, les experts sont déjà sur la brèche pour trouver d’autres possibilités de taxes de substitution. (Et être sur la brèche quand il s'agit de carton ou de plastique, ce n'est pas facile!)

                    En effet, dans les milieux informés, une indiscrétion circule à propos d’une nouvelle taxe à l’étude, et concernant cette fois les lunettes. Dès lors, le gouvernement espère combler quelques déficits en prélevant un euro par paire et ainsi récompenser ceux qui ménagent leur montures, en référence à Montaigne. Car le pouvoir actuel ne perd pas de vue son objectif, et c’est dans cette optique que la taxation des lunettes sera mise en place, mais certainement pas pour nos beaux yeux ! Il paraît même que ces experts planchent pour savoir comment taxer la deuxième paire gratuite !

                    La question qui subsiste est la suivante. Va-t-on taxer les lunettes de WC ? Comment appliquer à l’achat de cet objet un bonus-malus, comme pour les produits les plus polluants, en défavorisant les gros modèles pour combler certains trous. La LCLDDGD (ligue contre la discrimination des gros derrières) se dit prête à ne rien lâcher et à déposer devant les tribunaux, un recours en la matière. En tout cas l’heure est grave et l’inquiétude croît chez Jacob Delafond où une réunion siège actuellement.

                         Cette chasse tous azimuts aux rentrées d’argent dans les caisses si vident qu’elles résonnent beaucoup quand nos ministres raisonnent si mal, est loin d’être terminée, et nous ne sommes pas au bout de nos peines, puisqu’une autre taxe, sur les animaux domestiques celle-là, est en préparation. Soixante millions d’amis, vous pensez bien que ça peut rapporter gros ! Deux pour cent sur les croquettes, trois sur les daphnies, mais heureusement rien sur les boites pour chats dont la vente, ces temps-ci, a ressenti un coup de mou. Bref, mis à part pour les propriétaires de chiens qui se rattraperons sur les niches fiscales, voilà une mesure qui risque fort de donner du travail à la SPA et aux tax…idermistes. Certes, les propriétaires de canaris restent sereins cependant, puisqu’il leur suffira d’ouvrir la cage pour que s’envole la cause de leur nouveau problème.

                           Et ce n’est pas tout ! Depuis que l’augmentation du prix des carburants a fait chuté leur consommation de plus de 12%, les technocrates du ministère du budget songent à mettre en place un prélèvement sur les pneus, pour combler le manque à gagner à la pompe. Ils sont gonflés ! Avouez que c’est vraiment une disposition à la gomme ! Il semblerait aussi que cette mesure puisse être étendue aux selles de vélos, mais que dans son extraordinaire mansuétude, le législateur ne taxe pas les bicyclettes. Il est sûr que pour trouver des idées pareilles, il faut, au minimum, être diplômé à Bac+7 !

En conclusion, mes amis, tout conduit à penser que ce n’est pas fini et que nous allons boire la taxe jusqu’à la lie.